Petite leçon de cuisine...

Publié le par plumedencre

Et ce, à travers un extrait de
               "L'été finit sous les tilleuls"...


A la fois journaliste, critique littéraire, essayiste et romancier, Kléber Haedens aimait disputer - alors adolescent - des parties de tennis à l'île d'Oléron, avec Jacques Chaban-Delmas.

L'héroïne de son roman, Florence Frazé, ne semble guère apprécier à sa juste saveur les traditions gastronomiques de ce pays... ;-)

Lisez plutôt...


                  "Bertille portait la quichenotte et faisait son marché en tricycle. Elle était d'un âge où les femmes connaissaient encore la cuisine d'Aunis et de Saintonge. Elle proposa pour le déjeuner une églade, des cétaux, des côtelettes d'agneau avec des mojettes fraîches. Des mojettes fraîches et une embeurrée, dit Pierre.
             
 - Nous boirons du vin blanc de l'île bien frais et du Cheval Blanc 1955 comme s'il en pleuvait. Pas d'objection ?

 - Peut-être une mouclade pour commencer ?

 - Non Bertille, l'églade est bien de l'île. Nous irons voir comment vous la faites et nous la mangerons dans le jardin. Les moules s'ouvriront sous un feu d'aiguilles de pin.

        Florence ne comprit rien à la finesse de l'églade, des moules mangées sur leur planche, avec du poivre et du beurre frais. Elle prit les cétaux pour des soles et du coup, les trouva petites.

          L'accompagnement sublime offert à l'agneau par les haricots de Vendée lui parut indigeste, elle négligea le chou pommé cuit à l'eau, écrasé chaud avec du sel, du poivre et du beurre, but le Cheval Blanc comme de l'ammoniaque et confondit le roquefort avec le bleu d'Auvergne".

Bonne journée à vous ! :-)

Commenter cet article